L’éjaculation partie 1 : l’éjaculation féminin

Quand on entend éjaculation, tout le monde pense en premier … aux hommes! Ça se comprend mais d’ici à se l’approprier exclusivement, non!
Comme tout vrai gentleman, Éros fait passer les dames en premier, les tabous et idées reçues n’ont qu’à bien se tenir!

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Femme fontaine, du mythe à la réalité

L’éjaculation féminine est connue depuis très longtemps, depuis l’Antiquité au moins, et les médecins de l’époque, dont Hippocrate qui est généralement considéré comme père de la médecine, lui accordaient un rôle similaire au sperme c’est-à-dire qu’elle participait à la reproduction. Rien que ça! Au Moyen-Age ce n’était plus la même histoire, plutôt à l’opposé, déjà que la sexualité de la femme n’était pas vraiment assumé par la société alors le fait qu’elle puisse éjaculer « comme l’homme » relevait de l’hérésie !

On va commencer tout de suite par lever peut-être le plus gros tabou autour l’éjaculation féminine, qui est que seulement une petite partie des femmes sont capables d’en avoir. Suite aux récentes avancées médicales, bien qu’elles ne soient qu’entre 6 à 40% a avoir déjà eu une éjaculation (selon les études), le plus souvent en se masturbant qu’avec un partenaire, nous pouvons maintenant affirmer que toutes les femmes en sont capables. « D’accord », vous me direz, « mais si vraiment toutes en sont capables je le saurais, j’en connaîtrais plein, ce serait aussi commun que l’éjaculation masculine, elle est où l’arnaque ? »

La différence, c’est dans la tête ! Dans la grande majorité des témoignages l’expression qui revient systématiquement c’est « le lâcher prise ». C’est-à-dire, s’abandonner complètement au plaisir, sans aucune retenue, sans aucune peur.

Ne pas se retenir, au sens physique, ne pas retenir cette envie de faire pipi notamment; beaucoup de femmes disent que c’est la même sensation avant d’avoir une éjaculation. Ça peut paraître bizarre dit comme ça, surtout pour les hommes, mais le fait de retenir sa continence bloque certaines contractions et sensations empêchant d’atteindre ce plaisir. Mais rassurez vous il ne s’agit pas vraiment d’urine, nous reviendrons dessus un peu plus tard.

Pouvoir gémir, crier, voire hurler en toute liberté, à condition que vous ayez placardé une lettre dans le hall de votre immeuble informant vos voisins d’une éventuelle répétition de chant d’opéra, suivie d’une possible inondation, aide aussi dans ce lâcher prise. Et enfin le fait de se sentir à l’aise avec son partenaire facilite grandement l’abandon au plaisir.

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Quels est le liquide de l’éjaculation féminine ?

Autre idée reçue c’est que le liquide produit est de l’urine, ou du lubrifiant vaginal produit en grande quantité. Pour le lubrifiant naturel, ce n’est pas du tout ça, mais pour l’urine on n’est pas loin mais ce n’est pas à proprement parler de l’urine.

Appelons le liquide fontaine, il est produit par les reins et est également stocké dans la vessie avant son expulsion, ce qui explique l’envie de faire pipi ainsi que l’urée qu’il contient, mais il est produit en un temps très court. Il est incolore et inodore contrairement à l’urine.
Mise à jour du 14/02/2018
Le volume de liquide expulsé peut beaucoup varier d’une femme à l’autre, même d’une émission à l’autre allant de 0.3 ml jusqu’à plus de 150 ml ou 15 cl, soit un verre d’eau moyen. D’où le nom de fontaine…

L’éjaculation féminine est plutôt associée à un autre liquide qui lui est produit par les glandes de Skene dit « la prostate féminine », en plus faible quantité mais aussi plus épais et d’aspect laiteux, généralement comparé au liquide séminal chez l’homme.

Une étude¹ réalisée par les docteurs Samuel Salama et Pierre Desvaux, avec la participation de 7 femmes qui se sont prêtées à une expérience inédite, apportent une réponse scientifique et concrète à la question, qu’est-ce que c’est ce liquide ?
La méthode était simple et sans faille : chaque femme devait uriner avant d’avoir une éjaculation, une première échographie était réalisée pour confirmer le fait d’avoir la vessie vide, ensuite une deuxième échographie avait lieu après stimulation sexuelle mais avant l’éjaculation, qui montrait que la vessie contenait du liquide, puis après éjaculation le liquide était analysé et une troisième échographie venait confirmer que la vessie était de nouveau vide.

Un eBook a été publié suite à cette étude, « Femmes fontaines & éjaculation féminine: mythes, controverses et réalités » par les docteurs Salama et Desvaux dans lequel vous trouverez les résultats plus en détails de l’étude et bien plus encore. Je vous le conseille vivement.

Éjaculation féminine et orgasme

Fait intéressant, l’éjaculation féminine ou l’émission fontaine ne sont pas synonymes d’orgasme! Même si elles procurent un plaisir certain ce n’est pas « la partie visible » de l’orgasme féminin.
L’orgasme peut faciliter voire les provoquer, mais ce n’est pas systématique.
Inversement, une femme peut ressentir de puissants orgasmes sans nécessairement éjaculer. Donc pas de panique Mesdames, ce n’est pas obligatoire et vous n’êtes pas frigides pour autant. Quant à Messieurs, ne vous inquiétez pas, ce n’est pas parce qu’elle n’éjacule pas qu’elle simule.
Et vous savez quoi ? C’est pareil pour l’homme. Ejaculation et orgasme ne vont pas forcément toujours ensemble.

La peur de la réaction de l’homme est un frein pour certaines, c’est pour ça qu’il est bon de parler dans un couple, et pour celles ou ceux qui ont plus de mal il existe d’autres façon d’aborder le sujet, comme par exemple « tiens chéri(e), j’ai lu un très bon article sur l’éjaculation, tu veux jeter un œil? » 🙂

Mise à jour du 14/02/2018
En parlant de ça et pour conclure, un sondage² en ligne répondu par 320 femmes de 16 pays différents, nous révèle que :

  • 90% des hommes ont eu une attitude plutôt positive face au « phénomène »
  • L’âge moyen des femmes lors de leur première émission était de 24 ans
  • 40% d’entre elles déclarent des volumes de plus de 150 ml
  • 80% ont avoué que leur vie sexuelle a été amélioré après les premières émissions fontaines
  • Pour 10% des femmes, être « fontaine » est problématique ou pathologique

Ne manquez pas bientôt la deuxième partie de l’article, l’éjaculation au masculin, « parce que nous le valons bien ».

Remerciements particuliers au docteur Samuel Salama pour nous avoir fourni son étude¹ et retours sur l’article.

Références

¹ Nature and Origin of “Squirting” in Female Sexuality, Department of Gynaecology and Obstetrics, 
Hopital Privé de Parly 2, Le Chesnay, 2015

² International online survey: female ejaculation has a positive impact on women’s and their partners’ sexual lives, Wimpissinger F, Springer C, Stackl W., 2013

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