Soumission : lâcher-prise, confiance et liberté

Dans la plupart des domaines, la soumission est perçue négativement. L’adjectif « soumis », lorsqu’il désigne une personne, est souvent péjoratif et associé à la faiblesse, la docilité, le manque de personnalité et de liberté personnelle.
Dans le domaine sexuel, le « soumis », est rarement bien vu dans nos sociétés où la puissance et le pouvoir sont valorisés.

Paradoxalement, on entend de plus en plus parler de BDSM soft. Le succès de la saga 50 nuances de Grey (je vous invite à lire notre article sur la saga) en est une illustration. 

Le BDSM soft, en quelques mots, désigne les pratiques sado-masochistes finalement peu violentes et douloureuses où un individu se retrouve sous le contrôle de son partenaire par le biais d’attaches – menottes ou cordes par exemple – et/ou de gestes forts où le soumis peut être étreint fermement, fessé – avec ou sans l’aide d’une petite tapette ou d’un petit fouet. Le soumis obéit au dominateur. On ne parle pas necessairement ici de pratiques plus poussées à base d’instruments spécifiques , coups de fouets ou martinets douloureux, même si le plaisir de la soumission est similaire.

Ce type de pratiques BDSM soft semble se démocratiser. Dans la plupart des sexshop ou loveshop, des rayons entiers y sont consacrés et sont souvent distincts des classiques rayons sado-masochistes plus traditionnels.

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Alors, plutôt que de culpabiliser et avoir peur de s’avouer des fantasmes de soumission, pourquoi ne pas au contraire essayer de les mettre en pratique si l’on en ressent le désir ou la curiosité ?
Je suis pense que, sous certaines conditions, la soumission peut être très bénéfique pour l’individu et son couple.

Se soumettre, c’est lâcher prise

Tout d’abord se soumettre, c’est se donner une possibilité de lâcher prise.

L’individu soumis au désir de l’autre, n’a plus rien à prendre en charge dans l’acte sexuel.
Dans des sociétés où l’on nous demande de toujours décider et d’agir pour notre réussite, pour mieux gérer notre vie, décider de se soumettre, c’est, paradoxalement, résister à la pression. Résister en lâchant toute résistance. Cela permet d’exprimer le besoin de se laisser aller totalement, en faisant le vide.

Que l’on soit homme ou femme, on peut prendre du plaisir à être soumis.

Pour jouir lors d’un rapport sexuel, les femmes ont souvent besoin de tout lâcher et de ne plus penser à rien. Laisser leur partenaire prendre en main et ne rien avoir à penser ou contrôler peut les aider à atteindre plus facilement l’orgasme.

Pour l’homme habitué au regard de la société qui exige de lui toujours plus de contrôle et de pouvoir, la soumission peut être un excellent moyen d’exprimer sa masculinité autrement, loin des jeux de domination et de contrôle.

Par ailleurs, lorsque l’on est dans une situation de soumission, certaines barrières que l’on se fixe inconsciemment habituellement tombent peu à peu.
L’individu soumis peut dans certains cas déculpabiliser quant au plaisir qu’il prend pendant l’acte sexuel car il en est en quelque sorte « déresponsabilisé ». Les individus plus timides sexuellement peuvent prendre du plaisir sans honte dès lors qu’ils ont choisi et accepté dès le départ d’être soumis lors du rapport.

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Se soumettre, c’est être libre

En réalité, la soumission ne peut apporter du plaisir qu’à condition qu’il s’agisse d’un acte libre et consentant.
Je ne prône évidemment pas une soumission forcée, mais au contraire, une soumission choisie. Sans cette condition, il paraît difficile d’apprécier ce type de rapport. Le plaisir mentionné plus haut lié au lâcher prise ne peut se prendre que si l’individu soumis à choisi librement de l’être. 

Cela peut sembler paradoxal, mais choisir de se soumettre, c’est en quelque sorte exprimer sa liberté. Contrairement aux idées communes, le soumis ne renonce donc pas à son libre arbitre puisque c’est au contraire celui-ci qui lui permet de profiter pleinement de cette expérience.

En tant qu’individu, JE me donne la possibilité de me laisser totalement soumettre. JE suis libre quand JE décide d’être soumis(e).
Cette notion de liberté soulève alors encore une question : dans quelles conditions puis-je librement me soumettre ?

Se soumettre, c’est renforcer la confiance

La clef d’une soumission qui serait l’expression d’une totale liberté réside dans la confiance.
La confiance permet une libre soumission. Et inversement, une libre soumission peut renforcer la confiance.
Confiance en son partenaire mais également confiance en soi. 

Un acte sexuel de soumission est bénéfique à partir du moment où l’on est capable de se faire confiance d’abord à soi-même. Mais surtout, c’est la confiance totale en son partenaire qui selon moi est la condition du plaisir et du lâcher prise. Le fait de savoir que notre partenaire ne veut que notre bien-être, ne nous fera jamais de mal. Mieux encore, le fait de proposer au partenaire de faire ce qu’il veut sans lui donner aucune limite, en sachant que jamais il ne dépassera les limites qu’on ne souhaite pas dépasser. Ainsi, en se soumettant, on peut prouver notre confiance en notre partenaire et ainsi la renforcer.

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Pour résumer :

« Je me soumets par liberté. Car je te fais confiance, je choisis librement de te laisser le contrôle sur moi pour lâcher prise. Car je sais que quoi que tu fasses, tu me respecteras, nous renforçons notre relation et notre intimité. »

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